Diafoirus Laborantis

D’après l’œuvre de Molière.

Note d’intention, par Marie Sciascia metteuse en scène et comédienne

De tout temps la finitude de la condition humaine a interrogé le sens de l’existence, les réponses à cette interrogation ont rencontré de nombreux échos, mais le mystère de notre mort reste entier et nous nous retrouvons seul et apeuré devant cet incontournable vérité, nous sommes mortels !

C’est dire la place capitale que nous octroyons à la médecine qui devient une interface entre notre existence et notre mort.

La médecine dans l’œuvre de Molière est abordée dans plusieurs de ses pièces ;

Il est évident que Molière ne vouait pas une Foi aveugle dans la médecine et ses représentants, qui au 17ième siècle, débattaient avec virulence sur le bienfait des saignées, de l’introduction du quinquina contre les fortes fièvres, sur l’acceptation de la théorie de la circulation du sang dans le corps humain etc…

Aujourd’hui avec la pandémie du Covid-19, nous pouvons observer dans un mode exacerbé et mondialisé, les tensions liées aux différents points de vue médicaux et stratégiques ainsi que les suspicions à l’égard d’un gouvernement qui parfois manque de clarté sur les décisions prises pour stopper la diffusion du virus.

Le choix de mettre en scène les textes de Molière pour la saison 2022/2023, naît de ce contexte sanitaire, social et politique que nous traversons.

L’idée n’étant pas de critiquer la médecine actuelle, ni les médecins, mais de prendre du recul et nous permettre grâce au génie théâtrale de Molière, de rire de nos peurs fondamentales.

Dans certaines de ses pièces, Molière remet en cause le statut du médecin, ils les présentent comme des médecins liés aux circonstances :

Il va même, à travers les propos de Béralde, remettre en cause les principes de guérison prônée par la médecine officielle :

Béralde : « … Lorsqu’un médecin vous parle d’aider, de secourir, de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit et lui donner ce qui lui manque… ; Il vous dit justement le roman de la médecine. Mais quand vous en venez à la réalité et à l’expérience, vous ne trouvez rien de tout cela, et il en est comme de ces beaux songes qui ne vous laissent au réveil que le déplaisir de les avoir crus. »

Le malade imaginaire Acte III scène III.

Si nous devions faire un parallèle avec ce que nous vivons depuis le début de la pandémie, nous pourrions constater que beaucoup de vérité solennelles, venues du plus haut de l’Etat nous sont assignées comme vérités absolues et remises en causes quelques temps après : Exemples des masques, inutiles, puis obligatoires ; La nécessité vaccinale prônée par le gouvernement, alors qu’il n’y a pas suffisamment de vaccins pour la population ; L’efficacité du confinement remis en cause (ex paquebot japonais) etc..

Molière met également en avant la position quasi sacrée des médecins :

Monsieur Purgon : « Je viens d’apprendre là-bas, à la porte, de jolies nouvelles : qu’on se moque ici de mes ordonnances, et qu’on a fait refus de prendre le remède que j’avais prescris. Voilà une hardiesse bien grande, une étrange rébellion d’un malade contre son médecin. Un attentat énorme contre la médecine. Un crime de lèse-Faculté, qui ne se peut assez punir. ».

Le malade imaginaire, Acte III, scène V.

En 2022, les exemples de l’autorité médicale semblent nombreux, l’un des plus contesté étant l’obligation vaccinale pour le personnel soignant, sous peine de perdre son emploi (3000 licenciements à ce jour).

La pandémie n’est toujours pas enraillée bien que sa propagation ait diminuée ; Il n’est cependant pas aisé de se projeter dans un avenir proche et nous pouvons observer un mal-être chez beaucoup d’entre nous, en particulier chez les jeunes gens et parfois même chez les enfants.

Nous tenterons grâce à la thématique du spectacle de faire place à l’échange, du point de vue de l’idée et du ressentit. Un gros effort sera mis sur les costumes afin de respecter l’ambiance de l’époque dans un décor minimaliste, sur tréteaux, puisque ce spectacle sera surtout présenté en tournées de douze représentations, en extérieur et dans les mêmes conditions qu’à l’époque de Molière et de l’illustre théâtre, lors des tournées d’Alimentation générale culturelle, prévues sur plusieurs territoires.

Diafoirus Laborantis :

Mise en scène Marie Sciascia

Avec :

Marie Sciascia

Claire Maxime

Christophe Jaillet

Olivier Perriraz

Claude Jacquet

Musique de Pierrick Goerger

Chorégraphies de Claire Maxime